Découverte de l'île d'Aix
Une île hors du temps
Lieu/accès : embarquement direct depuis la Pointe de la Fumée (Fouras) ou depuis Port-des-Barques.
Contacts : musée napoléonien, musée africain, 05.46.84.66.40. Navettes Fouras-Ile d'Aix, 08.20.16.00.17

Dernière île du littoral charentais à ne pas être reliée physiquement au continent, l'île d'Aix, est un « croissant » de terre d'à peine 3 kilomètres de long et 600 mètres de large, (129 hectares). On ne peut s'y rendre que par bateau (bac, « Le Pierre Loti »). Aix est un territoire particulier, comme hors du temps. Les dernières modernisations entreprises sur cette île datent du XIXe siècle : vous n'y trouverez aucune voiture (sauf cas exceptionnels), le seul moyen de se balader c'est à pieds, à vélo ou en calèche. Le tour de lîle s'effectue en 2 heures environs en marchant bien.
Habitée par seulement 200 habitants, l'île est aujourd'hui un espace vivant exclusiment du tourisme, (250 000 visiteurs par an). Riche d'un passé glorieux, l'île garde les traces d'importantes modifications, à commencer par la présence de moines clunisiens (l'église St-Martin et sa crypte, qui date du XIe siècle) ; mais surtout de son passé militaire, avec les nombreuses fortifications qui la recouvre par endroit, (fort Liédot, fort de la Pointe Ste Catherine). L'île garde aussi les traces du passage de l'empereur Napoléon Iier, qui y vint par deux fois, (il est possible de visiter la demeure qu'il occupait sur l'île). L'île offre ainsi une identité multiple et bien singulière : les maisons basses en enfilade dont la blancheur des façades tranche avec les couleurs variées des roses trémières qui poussent à leur pieds, offrent un entrelas de ruelles pitoresques et de vestiges militaires de l'Epoque Moderne. Devant les maisons, des vélos, des carioles, une calèche, des pins.... L'île semble s'être figée à une certaine époque, comme si le passage à l'ère industrielle n'avait pas pu se faire ici. Un vrai paradis pour les amoureux de nature simple et préservée. Sur ses marges, la côte alterne délicieusement ses paysages entre falaises basses, plages de sable et criques intimes. Un savant mélange qui fait de cette langue de terre le joyau des îles du département !
Pour aller plus loin
Un peu d'hitoire.
Comme tout territoire insulaire proche d'une côte, l'île d'Aix a longtemps été un objet de convoitise, notament pour les envahisseurs venus de la mer. Isle Dais, Isle d'Ay puis Ile d'Aix, l'évolution du nom de ce territoire insulaire témoigne d'une longue et riche histoire.
Les fouiles archéologiques entreprises sur l'île font remonté les origines de peuplement à la préhistoire. Néanmoins, ce n'est qu'aux environs du XIe siècle, au Moyen Age, que se fixent réellement des lieux d'habitation sur l'île. Le témoignage le plus concret de cette sédentarisation est l'installation de moines clunisiens, (une quinzaine) qui fondent le prieuré Saint-Martin. Mais l'île étant trop souvent la cible de pillards et d'ennemis divers, les ecclésiastiques finissent par fuir quelques siècles plus tard. Durant l'Epoque Moderne, l'île est ensuite un enjeu important des rivalités politiques qui opposent l'Angleterre et la France. Du XVIIe au XIXe siècle, l'île connait plusieurs phases de fortifications et des conflits armés sanglants.
Afin de protéger au mieux l'Arsenal Royal de Rochefoert, créé en 1666, l'île d'Aix est alors rigureusement fortifiée : par son emplacement, elle devient vite la pièce maîtresse du système défensif de l'embouchure de la Charente, barrant l'accès au grand port militaire et permettant aux navires de s'armer en canons. Pourtant ce n'est que très tardivement, 1692-1704, que le premier fort (de la Rade), est construit sur la Pointe Sainte-Catherine. La faute en revient à une dispute interne entre le département de la Guerre et celui de la Marine sous Louis XIV. Ce fort englobe dans sa partie nord le village de l'île, seul lieu d'habitation à cette époque. Le fort est malheureusement détruit quelques temps plus tard (1757) par la flotte anglaise (de l'amiral Hawke). Ce qui nous est possible de visiter aujourd'hui ne représente que les restes d'un ensemble plus monumental. Malgré l'annonce de nombreux projets et l'investissement de nombreux ingénieurs royaux, le fort ne subit pas d'autres travaux majeurs de modification ou de reconstruction.
Sous le Premier Empire, les conflits avec l'Angleterre reprennant de plus belle, dès 1801 des travaux de fortifications sont engagés sur ordre de Napoléon Iier (qui vient verrifier lui même l'avancement des travaux) : un nouveau fort, baptisé plus tard fort Liédot, est implanté de l'autre côté de l'île, à l'est, sur le point le plus haut. Les travaux effectués par intermitence, s'échelonnent de 1810 à 1834. La lenteur des travaux vaut à ce fort de ne jamais servir en temps de guerre. Il est par la suite un lieu de détention et d'expérience de tir, (jusqu'en 1878) avant d'être remis en état et armé entre 1878 et 1914. La première Guerre Mondiale lui fera retrouver son statut antérieur de prison.
L'histoire de cette île est donc indisociable des grands conflits historiques qui ont marqué la France du XVIIIe au début du XXe siècle. L'île reste hantée par le grand empereur Napoléon qui y séjourne pour la dernière fois en 1808, au lendemain de la bataille de Waterloo, avant d’être exilé à l’île de Sainte-Hélène où il finira sa vie.
Au début du XXe siècle, après la démilitarisation de l'île et de l'arsenal de Rochefort, (1927), l’île se dépeuple massivement jusque dans les années 1930 qui marquent l'arrivée du baron et de la baronne Gourgaud qui s'y installent. On accède aujourd'hui au village par un pont-levis (qui a conservé son mécanisme), depuis le port. L'Église St-Martin et sa crypte, premiers témoins visibles de l'histoire de l'Ile au XIème siècle, ont été remarquablement restaurés en 1970; elles sont ouvertes à nouveau aux fidèles et aux visiteurs, comme l'est depuis 1928 la fameuse Maison de l'Empereur.
Par la douceur de son climat et sa position à l'ouest du continent européen, l'île accueil chaque année d'innombrables espèces d'oiseaux, profitant de ce morceau de terre pour faire une alte sur la route des grandes migrations. L'île d'Aix est d'ailleurs classée sur la liste des sites naturels remarquables. Presque 200 espèces d’oiseaux ont été rescensées sur l’île. Par lma beauté de ses paysages, par son environnement naturel encore préservé, l'île d'Aix reste pour beaucoup de chatentais-maritime la plus authentique et pitoresque des îles de la côte.
Quelques photographies de l'île