Balade en arrière pays rochefortais
Lieu de départ : Rochefort, parking de la Corderie Royale.
Nombre de kilomètres : environs 35 kms.
Difficulté : itinéraire agréable sans dénivelé.
Le parcours que nous vous proposons a pour but de vous faire découvrir l'arrière pays rochefortais et son patrimoine. Il s'agit donc là d'une randonnée marquée de nombreuses étapes qui permettent de récupérer son souffle de temps en temps tout en apprenant l'histoire des lieux.
La balade débute sur le parking de la Corderie Royale de Rochefort, en bordure de Charente. Vous pouvez aisément y stationner vos véhicules grâce à un grand espace de parking gratuit. Hormis les coûts de carburant pour vous rendre jusqu'à Rochefort, la randonnée vous coûtera 4 euros par personne (prix du billet pour passer la Charente sur le pont Transbordeur).
Les étapes de la balade :
1- Alte au pieds du pont transbordeur afin de rejoindre la bourg d'Echillais.
2- Ancienne abbaye de Trizay
3- Ancienne carrière de Trizay (pause gouter ou repas du midi)
4- Alte à Montierneuf pour y visiter le pigeonnier XVIe siècle.
5- chemin au bords de l'Arnoult (ancien chemin de fer)
6- alte au pont de St-Agnant pour retourner sur Echilais et reprendre le pont Transbordeur
L'Arsenal Royal et le pont transbordeur de Rochefort.
La randonnée VTT commence donc sur le bords de la Charente à la hauteur de l'Arsenal de Rochefort. Créé de toute pièce par la volonté du roi Louis XIV, qui voulait doter la façade ouest du royaume d'une base maraitime importante, celui-ci est étonnament placé en retrait de l'océan (de 24 kilomètres), sur la rive nord du fleuve Charente. Il se compose de la très célèbre Corderie Royale et de batiments annexes qui ont servi de casernes et/ou de locaux de stockage pour les kilomètres de cordage qui étaient fabriqués. Enfin, l'arsenal comptait plusieurs formes de raboub qui permettaient la construction de grands navires militaires. Tout cela se visite bien sûr, à commencer par la Corderie Royale, (débuter la balade le matin si vous voulez pouvoir tout voir). Si vous avez un peu de temps devant vous, visitez également le chantier de construction de l'Hermione, reproduction actuelle à l'échelle 1:1 d'une frégate militaire du XVIIIe siècle, (Un article est dédié à celui-ci dans la catégorie Patrimoine historique du site).
Le pont transbordeur
Partant de la Corderie Royale et longeant la charente par la piste cyclable, vous rejoignez rapidement le pieds du pont transbordeur de Rochefort qui vous permet de passer la Charente en nacelle, juste au dessus du niveau de l'eau pour gagner la rive sud et le village d'Echillais. Ce pont fut édifié entre 1898 et le 29 juillet 1900, date de son inauguration, (il pouvait contenir jusqu'à 200 personnes dans sa nacelle). Les travaux se sont déroulés sous la direction de Ferdinand Arnodind. Il repose sur quatre pylônes métalliques de 68 mètres de haut. Son tablier mesure 175 mètres de long et culmine à 50 mètres au-dessus des plus hautes eaux. Avant sa construction, il fallait prendre la bac pour traverser le fleuve. Voué au démentellement en 1975, il est finalement classé monument historique le 30 avril 1976 et échappe ainsi à la destruction. C'est le dernier pont transbordeur de France. A la sortie du pont, empruntez une route pavée de pierres lisses et de « béton lavé ». Ensuite poursuivez jusqu'à la route.
Là, tournez à gauche direction Monthérault en empruntant la D238. Au lieu-dit Font Chaude, quittez la D238 en tournant à droite devant une ancienne maison de garde-barrière. Vous êtes alors sur un chemin en cailloux blanc très droit qui remplace l'ancienne ligne de chemin de fer. Suivez ce chemin très agréable, en bordure de l'Arnoult. Après avoir passé, sur votre gauche, des carrières de pierres, tournez à gauche pour rattraper une petite route qui vous mènera aux restes de l'ancien prieuré de Trizay, baptisé à tort, « Abbaye » de Trizay. (Une visite de ce lieu est possible). Les panneaux routiers et les cartes touristiques utilisent aussi ce terme d'abbaye, (Il est vrai que ça n'a pas le même impact auprès des gens que le terme " prieuré "qui n'évoque souvent rien aux touristes). Le fondateur du prieuré est vraisemblablement un seigneur de Tonnay-Charente au début du Moyen Age.
La construction commence autour de 1100 par l’édification de l’église et s’échelonne sur toute la première moitié du 12èmesiècle. Les ecclsiastiques mirent alors en valeur un terroir alors en grande partie boisé. Ces moines se sont installés au croisement de deux chemins, dont l'un longeait la vallée de l'Arnoult, (l'actuel canal de la Seudre à la Charente). Il s'agissait de la route de Compostelle. Au XVe siècle, en pleine guerre de religions, les soldats de la Ligue (les catholiques) installent " à Trizay " une garnison qui évacue la place l'année suivante, devant les succès de l'armée du comte de Laval (un protestant). le prieuré est alors transformé en place forte pour la circonstance. Cependant, la tradition militaire de l'époque veut que l'on rase un édifice de défense losrqu'on l'abandonne pour éviter que l'ennemi s'en serve contre soit. On peut donc se demander si le prieuré a été endommagé à cette époque.
Puis, repartant du prieuré par le chemin duquel vous êtes venus, suivez le GR360 qui vous mènera à l'ancienne carrière de Trizay qui a depuis été transformé en espace nature. Ce lieu magnifiquement entretenu, noyé dans une forêt de pins parasols, vous permettra de faire une alte de quelques minutes. Un plan d'eau a remplacé le trou dexcavation au centre de la carrière et un sentier permet d'en faire le tour. Si vous décidez d'y manger, les picnics sont possible, des tables en bois vous attendent. Sinon, un restaurant est également présent.
Montierneuf
Trois ensembles architecturaux sont à distinguer ici : d'une part le pigeonnier monumental, d'autre part un corps de logis, enfin une chapelle, dont la fonction était secondaire (car l'église paroissiale se trouvait à St Agnant (église st Saturnin), la seigneurie regroupant à l'époque les 2 communes).
Le corps de logis
Au fond du domaine on trouve un corps de logis relativement grand, construit sur cave et fortifié entre les XIè et XVIIè siècles. Ce batiment est en très mauvais état. On peut entrer voir la cave puisque le batiment est abandonné. Il n'est pas mis en valeur à l'inverse du pigeonnier que nous allons voir maintenant. Cependant il est prévu de le renover lui aussi.
C'est un édifice de taille impressionnante. C'est le plus grand pigeonnier de France avec ses 11 M de diamètre et ses 17 M de hauteur. Il a été édifié au XVIe siècle, en 1513 pour être exact, pour colporter les messages commerciaux, politiques ou pour des renseignements en temps de guerre. Ce pigeonnier n'est pas construit selon un model préétabli. Il est unique par son architecture et son ornementation. C'est un pigeonnier dit « de pied » ou « de fuie .» C'est l'un des tous premiers bâtiments renaissance de la région. Il présente de multiples randières (corniches formées d'un bandeau de pierre) sur son fût et sur la coupole, notamment pour empêcher les prédateurs de pénétrer dans l'édifice. Il a 7 ouvertures qui permettent l'entrée des volatiles dans l'édifice. Chacune est unique dans son ornementation : les trois grandes baies placées au dessous de la coupole sont décorées de coquilles de Vénus, d'anges à collerettes et de chimères. La coupole est surmontée d'un élégant lanternon constitué de huit colonnes cannelées avec chapiteaux à décors floraux finement sculptés.
A l'interieur, ce pigeonnier possède 2959 nids ou boulins ; chaque nid est travaillé en pierre de taille et prévu pour un couple de pigeons, ce qui nous donne environs 11 836 pigeons si on considère une famille avec deux oisillons. Par ses dimensions, par les matériaux employés (pierre de crazannes certainement), par la richesse de son décor et sa qualité de construction, cet édifice souligne la puissance politique du prieuré-seigneurie de Saint Sauveur de Montierneuf entre le Moyen Age et la Renaissance. La balade se termine ici.
Enfin, reprennez le sentier (ancien chemin de fer) et poursuivez en direction de St-Agnant. Vous passez alors sous le pont de St-Agnant. Pour franchir l'Arnoult, il vous faut l'emprunter, vous devez donc remonter. Ensuite, suivre la route D238 E2 qui vous mènera jusqu'à Echilais. De là reprennez le transbordeur et regagnez la Corderie Royale où vous attendent les véhicules.
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