Le Museum d'Hisroire Naturelle de La Rochelle
Une renaissance attendue

C'est le 16 Aout 1782, par testament, que Clément Lafaille lègue tous ses livres, (un millier de volumes), ses collections et leurs meubles de rangement à la ville de La Rochelle, (Académie Royale de la ville). Cette date signe alors l'acte de naissance du Museum d'histoire naturelle et de sa bibliothèque scientifique. Grâce à l'action de l'Académie Royale de La Rochelle, puis de celle de la Société des Sciences, ce cabinet, composé de mobilier rare, de vitrines à panneaux de bois sculpté, nous sont parvenus dans leur intégralité. Le cabinet Lafaille est actuellement le dernier cabinet de ce type conservé dans son état originel en France.Hormis le fait d'apporter un regard complet sur les différents domaines des sciences naturelles, (zoologie, minéralogie, paléontologie, botanique, ethnologie et préhistoire), l'attrait de ce museum réside dans l'intérêt historique de certaines pièces rares tels que la girafe Zarafa, donnée au roi Charles X, ou l'orang-outang offert à l' Impératrice Joséphine, objets rapportés par les grands navigateurs Bougainville à la fin du XVIIIème siècle et par Dumont d'Urville au début du XIXème siècle. (Les collections américaines de La Rochelle sont parmi les plus importantes de France).
Restés dans l'intimité des réserves du museum depuis 1997, date du début des travaux de restauration et de transformation, ce sont plus de 100 000 objets qui sont désormais exposés ou attendent patiemment de l'être dans cet hôtel particulier du XVIIIe siècle. De nouvelles salles de conférence, de projection, de pédagogie vont permettre de dynamiser et de rendre accessible au plus grand nombre les expositions et colloques sur le thème des sciences naturelles. En tout il s'agit de 3000 m² de surface d'exposition répartis sur 5 niveaux. Deux thèmes principaux : l'histoire naturelle et l'ethnologie. 10 ans de travaux ont donc été nécessaires afin de redonner au plus important museum d'histoire naturelle de province toute sa superbe.
Entre espaces conservés à l'identique et rénovés, les magnifiques collections du museum vous attendent 28 rue Albert 1ier à La Rochelle.
3e étage :
interpréter la nature
Un médiateur, le chaman aux Amériques
2e étage :
Etienne Lopé, une vision du monde
Après les explorations scientifiques
Les étapes du regard occidental
La préhistoire et la protohistoire africaine
La métallurgie africaine
Parures et signes de l'ordre social
Arts décoratifs extra européens
Les arts musicaux
1ier étage :
La gellerie de zoologie
Faune de la côte aux abysses
Les campagnes océanographiques
Mollusques et envireonnements tropicaux
Le cabinet de dessins du museum
Découverte des voyageurs naturalistes charentais
Dernière grande exposition scientifique
Rez de chaussée : le territoire littoral
Billeterie, librairie, boutique
Le museum de La Rochelle
Les marais littoraux
Les oiseaux, seigneurs des maris
Le marais, un territoire menacé
Cabinet Lafaille
Sous-sol : Naissance du littoral
Les fossiles des mers primaires
Les fossiles, témoins des rivages disparus
Cristaux et minéraux
Horaires d'ouverture :
Jusqu'au 31 mars : du mardi au vendredi de 10h à 18h. Samedi 10h à 21h. Dimanche et jours fériés de 10h à 18h.
Du 1er avril au 30 septembre : du mardi au vendredi de 10h à 19h. Samedi 10h à 21h. Dimanche et jours fériés de 10h à 19h.
Tarifs :
Individuels adultes : 4€
Moins de 18 ans, étudiants, Rmistes et chômeurs : gratuit
Groupes (+ de 10 personnes)
Familles nombreuses et séniors : 3€
Billet groupé pour les musées municipaux : 8 € (valable un mois). Carte pass intermusées : 10€
Gratuit tous les 1ers dimanches du mois d'octobre à mars
Pour aller plus loin.
Les cabinets de curiosités.
Le cabinet de curiosités ou de raretés désigne du XVIe au XVIIIe siècle, un lieu dans lequel sont exposés des objets insolites ou étranges : antiquités, animaux empaillés, insectes séchés, coquillages, squelettes actuels ou fossiles, œuvres d'art...
En Europe, ces cabinets apparaissent à la Renaisssance et constituent l'ancêtre des museums actuels. Au fil des siècles, ils ont joué un rôle fondamental dans l'affirmation progressive des théories scientifiques facent aux croyances superstitieuses et aux représentations bibliques. Il n'était pas rare au XVIe siècle, de trouver dans ces cabinets du sang ou des griffes de dragons, des animaux mythiques empaillés – rats géants ou licornes- (en réalité montages entre plusieurs animaux réels). Le monde minéral fournssait lui asussi quantité d'objets aux vertues diverses : pierres d'aigle, pierres figures... Certaines pouvaient garantir une grossesse sans problème, d'autres étaient aphrodisiaques....
Ces cabinets étaient souvent la propriété de riches amateurs qui prenaient sous leur aile des scientifiques. Ces deniers vont étudier les réserves de ces collections, parfois avec beaucoup de génie. Certains comme Cuvier ou Lamark sont devenus célèbres pour leurs contribution à l'avancement de la connaissance. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est l'importance de ces cabinets dans l'évolution des croyances populaires. Ceux-ci vont progressivment écrouler une représentation de l'histoire du monde qui perdura jusqu'au XIXe siècle. La paléontologie (science portant sur l'étude des fossiles) est à ce titre le meilleur exemple. C'est par cette science, et les questionnements qu'elle suscita que change progressivement la chronologie du monde et les origines supposées de l'être humain : jusqu'ici les restes d'animaux et organismes pétrifiés s'expliquaient par la théotie du Déluge, ce grand cataclisme qui balaya l'ancien monde il y a 6000 ans. Cuvier fut le premier à battre en brêche les croyances bibliques en examinant ces fossiles par la technique de l'anatomie comparée, (comparaison de fossiles avec des animaux contemporains). Néanmoins, Cuvier croyait au Déluge et il croyait donc que les espèces étaient fixes et ne se transformaient pas. Face à lui Lamark, convaincu de l'ancienneté de la Terre, introduit le transformisme des espèces animales et végétales. C'est Darwin, naturaiste anglais, qui éclaircit finalement ce mystère, en introduisant le mécanisme de sélection naturelle et propose un tableau général de l'évolution des espèces dont l'être humain, (1859, l'Origine des Espèces). Pour lui les hommes actuels et les singes ont un ancêtre commun. Cette idée a, au XIXe siècle profondément choquée l'opinion et les mileiux réligieux qui restaient convaincus que l'homme a été créé à part du reste du monde (qui lui a put connaîtres des tranformations). Les cabinets de curiosités constituent donc une partie importante du patrimoine scientifique et culturel, une représentation du monde d'une certaine époque qu'il convient de préserver. C'est le pari audatieux que la commune de La Rochelle a relevé avec beaucoup de brio. Un grand bravo à toute l'équipe du Museum pour ce travail collosal et leur passion pour ce morceau de patrimoine national !
Envoyée en France par le vice-roi d'Egypte, cette girafe, baptisée Zarafa, était un cadeau diplomatique destiné au roi de France charles X. Elle arrive à Marseille en octobre 1826 et provoque l'effervescnce partout où elle passe à tel point que ses quelques déplacements se sont fait de nuit pour ne pas effrayer les gens et ne pas provoquer d'émeute. Elle se rend de Marseille à Paris « à pattes ». Dans la capitale, c'est un spectacle unique que la découverte de cet animal aux proportions impressionantes. Pendant dix huit ans, l'animal reste au Jardin des plantes de Paris. Zarafa fut l'origine d'une vrai girafomania : le grand chic étéait de posséder un objet avec une girafe ou en forme de girafe ! Elle reste très populaire jusqu'en 1830, (on lui doit l'expression « peigner la girafe »), puis elle finit dans l'indiférence la plus totale. Elle meurt en 1845 et entre comme spécimen naturalisé dans les collections du Muséum National d'Histoire Naturelle qui l'offre ensuite, en 1936, au Muséum de La Rochelle.
les oiseaux
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